Le secret perdu de la Vallée des Géants
Chapitre 3
La Chambre des Échos
3 mai 2026
La chute sembla durer une éternité. Milo glissait le long d’une paroi de pierre lisse, tournoyant dans l’obscurité totale jusqu'à ce qu’il atterrisse brutalement sur un tas de quelque chose de mou et de poussiéreux.
Il resta immobile un instant, le souffle coupé, attendant que ses sens reviennent. Une odeur de cire d'abeille et de vieux papier flottait dans l'air. Lorsqu'il finit par allumer sa petite lampe de poche, le faisceau balaya une pièce qui ne ressemblait en rien à une grotte naturelle. C’était une immense salle circulaire, dont les murs étaient recouverts d’étagères croulant sous des milliers de fragments de bois, de poteries inachevées et de rouleaux de parchemin.
— L'atelier caché... murmura-t-il, la voix tremblante.
En se relevant, il s'aperçut qu'il avait atterri sur un tas de vieux tapis tissés de fils d'argent. Au centre de la pièce trônait une table immense, jonchée d'outils de précision. Milo s’approcha et sentit son cœur rater un bond. Posé bien en évidence sur un morceau de cuir brut, se trouvait un gant de travail familier. Il était usé aux jointures, marqué par des années de manipulation de métal et de pierre.
— Grand-père ! s'écria-t-il, son cri étant immédiatement étouffé par le silence lourd de la salle.
Il n’y avait aucune trace de Silas, mais une trace de pas fraîche dans la poussière indiquait qu’il était passé par ici récemment. Milo suivit la piste jusqu'à un mur au fond de la salle. Là, une fresque immense représentait la Vallée des Géants vue du ciel. Ce n’était pas une peinture ordinaire : les nuages semblaient bouger et les rivières brillaient d’un éclat changeant.
En examinant la fresque, Milo se souvint du conseil de Xylia : « Regarde ce que les autres ignorent. » Il remarqua que dans un coin de l'image, un petit détail ne collait pas. Une minuscule figurine de dragon, sculptée en argile bleue, était incrustée dans la paroi. C'était la marque de Xylia.
Il tendit la main pour la toucher, mais avant qu'il ne puisse l'atteindre, un courant d'air glacial envahit la pièce. Sa lampe de poche vacilla puis s'éteignit brusquement. Dans le noir complet, Milo entendit un cliquetis métallique, beaucoup plus proche qu'avant. Ce n'était pas le rire enfantin de Lazare, mais le staccato lourd et irrégulier de quelqu'un qui traîne une jambe de fer sur le sol.
Soudain, une lueur bleutée apparut à l'autre bout de la salle. Ce n'était pas Lazare. C'était une ombre immense, projetée sur le mur, dont la couronne flottante ne ressemblait plus à un cercle, mais à une mâchoire hérissée de pointes prête à se refermer.