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La Course vers la Cité des Étoiles Oubliées

par Clément

Unis par un lien indéfectible, deux pilotes tentent de rejoindre une métropole légendaire avant que le dernier passage ancestral ne s'effondre à jamais. Si leur périple s'annonce glorieux, l'étrange signal capté en route suggère qu'une force obscure surveille déjà leur découverte.

AmitiéEspace lointain13-17 ansFR

Le cockpit du *Vagabond des Nébules* tremblait sous les secousses du Passage Ancestral. À travers la verrière, l’espace n'était qu'un maelström de poussière d'étoiles et de piliers de lumière qui s'effritaient. Castille, ses cheveux ébouriffés collés par la sueur, ajustait frénétiquement les cadrans de navigation. Dans l'effort, une éraflure sur son bras laissa perler quelques gouttes de son sang bleu fluorescent, illuminant la console de pilotage d'une lueur étrange.

— Clotilde, stabilise le moteur à distorsion ! Si l'architecture de ce tunnel s'effondre, on finit en poussière cosmique, cria-t-il, sa susceptibilité habituelle balayée par l'urgence.

Clotilde, la jardinière-robot au casque colonial cabossé, ne répondit pas par des mots. Ses doigts mécaniques dansaient sur les relais d'énergie. Chaque fois qu'elle touchait un panneau, une petite décharge électrique crépitait, signe de son insatiable besoin d'énergie. Elle était l'efficacité incarnée. D'un geste vif, elle redirigea le flux vers les boucliers.

Soudain, un signal strident déchira le silence de la cabine. Ce n'était pas une alarme de collision, mais une fréquence modulée, sombre et ancienne. Castille, passionné par l'urbanisme des cités stellaires, reconnut immédiatement la signature : une sonde de surveillance active. Quelqu'un — ou quelque chose — observait leur progression vers la Cité des Étoiles Oubliées.

— On y est presque, murmura Clotilde, sa voix métallique teintée d'une détermination froide. L'arme est là-bas. Je la sens.

Le tunnel de lumière explosa dans un ultime éclat. Devant eux s'étalait la Cité : une métropole de cristal suspendue au cœur d'une nébuleuse d'or. Des tours effilées s'élevaient vers des soleils morts, reliées par des ponts de verre suspendus dans le vide. Castille sentit un choc au fond de lui. Ce plan de ville, ces avenues circulaires... il les connaissait. Une image floue lui revint : lui, enfant, marchant sur ces pavés de diamant. Sa mémoire, si longtemps fragmentée, commençait à se recomposer.

Ils se posèrent sur la place centrale juste au moment où le passage derrière eux se refermait dans un grondement sourd. Ils étaient les derniers à entrer. Clotilde sauta du vaisseau et fonça vers la grande flèche de bronze. Sa mission était claire : détruire le 'Dévoreur de Mondes', une relique de guerre capable d'annihiler des systèmes entiers. Castille la suivit, fasciné par la structure urbaine parfaite qui l'entourait.

À l'intérieur de la flèche, ils trouvèrent le noyau. Clotilde posa ses mains sur l'artefact. Une décharge électrique massive parcourut son corps robotique, surchargeant les circuits de l'arme. Dans un sifflement d'ozone, le mécanisme de destruction fut neutralisé à jamais.

Castille, lui, s'approcha d'une console murale. En y posant sa main, le sang bleu dans ses veines pulsa en harmonie avec la cité. Un message holographique apparut, révélant son passé de gardien exilé. Il avait retrouvé son identité, mais la joie fut de courte durée. Sur l'écran de contrôle, le signal sombre qu'ils avaient capté plus tôt se manifesta à nouveau. Une ombre gigantesque, aux contours géométriques impossibles, venait de se matérialiser aux frontières de la nébuleuse.

— On a sauvé la cité, Castille, dit Clotilde en ajustant son casque. Mais celui qui a envoyé ce signal ne va pas apprécier qu'on ait cassé son jouet.

Castille regarda l'immensité du vide. Il était chez lui, enfin. Et pour la première fois, il était prêt à se battre pour protéger cet héritage, conscient que cette victoire n'était que le premier chapitre d'une confrontation bien plus vaste contre l'architecte de l'ombre qui les guettait dans le noir.

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